Attaque au gaz de janvier 1916

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Attaque au gaz de janvier 1916

Message  Cote_108 le Mar 8 Mar - 9:06

Bonjour à Tous,

Une petite retranscription du JMO de la 1ère DI sur une attaque française au gaz.

Le 28/01/1916 : Un officier du CA annonce qu’une émission de gaz asphyxiant aura lieu sur le front de la 1ère DI entre le saillant Est du Godat et la gauche du 43ème RI. La Cie 22/33 s’installe à la tuilerie de Cauroy.

Le 31/01/1916 : Les reconnaissances des gradés de la Cie Z 22/33 sur le front de La Neuville s’effectuent ; les postes d’émission au nombre de 150 sont repérés et marqués par des pancartes. Le matériel de construction des postes d’émission commence à arriver le soir à la Maison Bleue et à la Maison Blanche.

Le 01/02/1916 : Les travaux d’exécution des postes d’émission de gaz sur le front du saillant Est du Godat – Bastion Maroc sont commencés par 180 sapeurs de la Cie 22/33 aidés de 300 auxiliaires d’infanterie.

Le 5/02/1916 : Les abris d’émission de la Cie Z sont achevés. Le transport des bouteilles de gaz commence. Ce transport exige un grand nombre d'auxiliaires d’infanterie, chaque bouteille pesant 70 kg, 2 hommes portant une seule bouteille ne peuvent faire qu'un seul voyage entre les abris d'attente de la route 44 et les tranchées.

Le 7/02/1916 : En prévision des réactions qui pourraient se produire de la part de l’artillerie ennemie à la suite de l’émission de gaz, les cantonnements de Cauroy et Hermonville sont dégorgés.

Le 10/02/1916 : Le transport des bouteilles de gaz est terminé le 10 février au soir (poids total transporté en 1ère ligne 130.000 kgs)

Le 11/02/1916 : Tous les travaux préparatoires à l’émission de gaz sont terminés le 11 février au soir.

Le 12/02/1916 : Une répétition générale en vue de l’émission de gaz est exécutée à 4H du matin.

Le 13/02/1916 : L’artillerie ennemie se montre plus active que d’ordinaire. Bombardement de la Neuville et du Moulin de Cormicy. L’ordre secret n°2908/3 de la 1ère DI annonce que l’émission de gaz aura lieu probablement dans la nuit du 13 au 14.

Le 14/02/1916 : A 4H30 a lieu l’émission de gaz sur le front saillant Est du Godat – route d’Aguilcourt. Les allemands réagissent par leur artillerie et par un feu nourri de mitrailleuses.


Il me semble avoir lu dans d’autres documents que je ne retrouve plus à cette heure et donc que je rapporte de mémoire : Cette attaque au gaz n’aura duré que 15 minutes, le vent ayant subitement tourné. Un compte rendu de prisonnier bien antérieur fait mention de pertes ennemies estimé à 1 millier d’homme.

Cordialement
Laurent MARTIN

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Re: Attaque au gaz de janvier 1916

Message  Cote_108 le Lun 2 Jan - 15:31

Bonjour à tous,

Du nouveau sur cette attaque aux gaz. En fait il y aurait eu non pas une mais 2 attaques distinctes. L'une au 14/02/1916 l'autre au 13 juin 1916. Je vous laisse lire, sur ce très bon site:

http://www.guerredesgaz.fr/Agression/Lesvagues/Francaises/compagniesZ/22-33/Cie%2022-33.htm

Ci-dessous je repporte à l'identique les propos de l'auteur que je remercie pour son remarquable travail:

"La compagnie est constituée le 21 décembre 1915

Capitaine commandant la Cie : monsieur François ; sous lieutenant : monsieur Soullier.

1916

Opération de La Neuville - Le Godat, 14 février 1916 :

Le 22 janvier, la Cie débarque à Jonchery dans la Marne. Les Cies Z n'ont encore jamais mené à terme aucune opération chimique. Il s'agit de la première opération de la Cie 22/33. Etant donné les conditions dans lesquelles la première opération avortée de la Cie 22/32 eu lieu, l'opération projetée fut méticuleusement préparée.

Dès le 23, la capitaine parcourt le secteur avec un officier de l'état major. La Cie est rattachée à la 1er D.I. et au 1er C.A.. Les reconnaissances se poursuivent jusqu'au 27 janvier. Le 28, la Cie reçoit l'ordre du général commandant la 1er D.I.. d'opérer dans le secteur. Le 29, les bouteilles sont stockées "à la champignonnière". Le 31, commence le piquetage des postes d'émission et des abris d'attente de section, puis le 2 février, les travaux de terrassement. L'opération est menée sans pause, et le 3 février les bouteilles rejoignent les abris d'attente, pour êtres portées aux postes d'émission le 7. Enfin, le 11, les tubes d'éjection sont mis en place ; tout est prêt et une répétition générale de l'opération à lieu dans la nuit du 11 au 12 février.

Le 13 février, les conditions sont favorables ; l'émission est prévue à 3h00 du matin. La Cie monte aux tranchées, monte les tubes sur les bouteilles. Tous les hommes sont équipés de masques TN, et de quelques Draeger. L'opération est reportée une première fois à 3h30, puis à 4h30. Elle débute à 4h30, pour une durée d'1h20.

4h30 : ouverture de 4 bouteilles ; 4h40 :idem ; 4h50 interruption de 10 min ; 5h00 ouverture 3 bouteilles ; 5h10 idem ; 5h20 : interruption 10 min ; 5h30 ouverture 2 bouteilles ; 5h40 idem ; 5h50 : fermeture de toutes les bouteilles. Soit 18 bouteilles par poste, 720 kg.

L'opération fut étalée sur 80 minutes, alors que les vagues se sont succédées sur une longueur totale de 60 minutes.

Les 25 postes de gauche n'ont pu participer, les vents n'étant pas favorable dans ce secteur. L'opération à donc eu lieu sur un front de 2200m à 2500m. Les rapports disponibles pour cette opération sont tous discordant et il reste difficile de connaître la quantité de chlore utilisée. Certains rapports font état de 1400 bouteilles pour environ 30 tonnes de chlore ; information relayée par olivier Lepick, dans son ouvrage "La grande Guerre chimique". Ces données laissent supposer que des bouteilles d'un chargement de l'ordre d'une vingtaine de kg aient été utilisée, bouteilles inexistantes. Notons qu'à cette période du conflit, seule les bouteilles du type lourd existaient ; par ailleurs, le JMO de la 1er D.I.. confirme le poids des bouteilles pleines "qui avoisine les 70 kg", et notifie que 130 tonnes ont été portés en première ligne . Selon les JMO disponibles et nos propres recherches, 150 postes ont été construits pour cette opération (un tous les 20 mètres de front environ, ce qui correspond aux recommandations des unités Z à cette époque et pour ce type d'opération), soit 2700 bouteille mettant en oeuvre 108 tonnes de chlore, pour 36 tonnes/km. Une fois retranché les 25 postes à l'extrémité du front n'ayant pas fonctionné, reste 90 tonnes de chlore utilisées pour cette opération, sur 2200m de front.

Au regard du tonnage utilisé et des conditions météorologiques, tout homme surpris dans la vague sans protection devait être mis hors de combat immédiatement.

Aucune opération d'infanterie ni aucun coup de main ne suivirent cette opération. 24 hommes de la Cie sont intoxiqués durant l'opération ; l'origine de ces accidents sont des fuites au niveau des tubulures, entraînant l'écoulement de gaz liquide dans l'abri et même des brûlures par le chlore sous forme liquide.

Opération de La Neuville - Le Godat, 13 juin 1916 :
Une nouvelle émission sera souhaitée par le général commandant la 1er D.I. le jour même de la première. Mais le 17 février, en raison du mauvais temps et de la relève de la division, l'opération sera reportée, puis ajournée le 14 mars. La Cie est alors employée à des travaux d'organisation des lignes. Mais le 17 avril, elle reçoit l'ordre de la 125e brigade de reprendre l'opération. Les postes sont remis en état et garnis de bouteilles en 6 jours. Le 8 mai, le capitaine est convoquée ; le général commandant la division lui demande si l'opération, en attente de conditions météorologiques favorables, peut-être déclenchée dans la nuit. A 19h00, l'opération est décidée et la Cie entièrement prête à 23h00. Mais le vent tombe complètement et l'émission est annulée. Les prévisions restent défavorables jusqu'au 25 mai ; nouvelle alerte, nouvelle montée en ligne et annulation à nouveau. Même situation les 1er juin, 4, 5, 6 et 7. Le 10 juin, de nouvelles instructions arrivent : l'opération pourra être déclenchée de jour comme de nuit, dès que les conditions le permettront. Ainsi, le 13 juin, l'opération est déclenchée à 9h00. 900 bouteilles sont en ligne et 870 pourront être vidées, sous un vent d'une vitesse à 3,5m/s, qui reste constant. L'ennemi réagit à 9h02 par des cris d'un côté du front d'émission. Une fusillade éclate de 9h05 à 9h10. Elle est suivit d'un tir d'artillerie peu intense (environ 40 coups de 10,5 ou 15 et environ 100 de 7,7). Le poste n°15 reçoit un coup au but, mais les sapeurs, simplement recouverts de terre, se dégagent et poursuivent l'émission, avant de fermer les bouteilles dont la tubulure fuit. Le poste 27 reçoit un obus de 77 sans en souffrir. "

Cordialement

Laurent


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