Charles Ier d'Autriche... L'Empereur qui voulu stopper la guerre

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Charles Ier d'Autriche... L'Empereur qui voulu stopper la guerre

Message  David.H le Dim 17 Nov - 0:59

Bonjour,
L'événement considéré comme ayant provoqué l'enchaînement qui conduisit à la première guerre mondiale est l'assassinat à Sarajevo de l'Archiduc François-Ferdinant le 28 juin 1914. Le 31 Juillet, Jean JAURÈS, qui avait alors tout fait pour empêcher l'embrasement militaire en Europe, est assassiné. Le 1er Août mobilisation générale en France. Le 3 Août l'Allemagne déclare la guerre à la France. S'en suit un conflit long et douloureux pour les pays engagés.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Ier_d%27Autriche
Le 22 novembre 1916 le vieil Empereur François-Joseph Ier d'Autriche meurt. C'est alors son petit neveu Charles Ier d'Autriche qui prend la succession. Dès son avènement il restreint le train de vie de la cour et, sous l'influence de l'impératrice, engage des réformes sociales ce qui lui vaut la haine et les calomnies des nantis (création du premier Ministère des affaires sociales au monde). Durant la guerre, l'empereur va tout faire pour épargner des vies et quelques-uns de ses officiers seront en désaccord avec cette politique. Ainsi, Charles ordonne de ne pas affecter aux postes dangereux les personnes dont la famille compte déjà deux morts ou les hommes qui sont pères de familles de plus de six enfants. L'Empereur fera tout son possible pour éviter les opérations coûteuses en vie et non nécessaires. Il interdira également de bombarder des villes non stratégiques.

Son principal objectif est de trouver les voies de la paix avec les Alliés et notamment la France. Il entame alors une négociation secrète, par l'intermédiaire de ses beaux-frères, les princes Sixte et Xavier de Bourbon-Parme, avec le gouvernement français, sous les auspices de Jules Cambon, secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, d'Aristide Briand, président du Conseil et du président de la République Raymond Poincaré. L'Empereur Charles émet les propositions suivantes :
- Il s'appliquera à faire admettre par son allié, l'Empire allemand, que les droits légitimes de la France sur l'Alsace-Lorraine soient rétablis dans leur totalité;
- Il s'appliquera auprès de son allié, l'Empire Allemand, à ce que la Belgique soit rétablie dans sa souveraineté intégrale, y compris dans ses colonies ;
- La monarchie austro-hongroise doit être maintenue dans le respect du statu quo de ses frontières ;
- La discussion avec la Russie sur le problème de Constantinople n'est pas d'actualité, en raison de la révolution qui vient d'éclater à Petrograd.
On ne peut dire que ces propositions répondent aux attentes du gouvernement français car elles ne correspondent en fait qu'à une « vue » du prince Sixte de Bourbon-Parme. Les négociations commencées sous les auspices d'Aristide Briand, continuent avec Alexandre Ribot, nouveau président du Conseil, à la suite du renversement du Cabinet Briand.
Ribot ne croit pas à la sincérité des propositions de l'Empereur et pense que des engagements qui ne prennent que la forme d'apostilles manuscrites ne peuvent être pris au sérieux. En outre, désireux de respecter les propositions françaises de paix telles qu'elles avaient été formulées le 10 janvier 1917 - en particulier les engagements des Alliés envers l'Italie, que le point trois de la contre-proposition ne pouvait pas satisfaire - il fait en définitive répondre qu'il est hostile à la poursuite des entretiens hors d'une concertation préalable avec l'Italie. Les dirigeants britanniques, sollicités également par les princes de Bourbon-Parme, répondent qu'ils comprennent l'attitude française ainsi que l'intransigeance italienne.

Cette négociation se termine par un scandale énorme au printemps 1918, suite aux rodomontades du comte Ottokar Czernin, ministre des affaires étrangères de l'Autriche-Hongrie, devant le conseil municipal de Vienne : le comte Czernin affirme devant cette assemblée que le président du conseil français Georges Clemenceau, s'est résigné à faire à l'Autriche-Hongrie des offres de négociations suite aux succès des offensives allemandes. Face à cette déclaration, le sang du « Tigre » ne fait qu'un tour : « Le Comte Czernin a menti », tonne-t-il, et, à l'appui de cette colère, il fait publier copie de la lettre autographe secrète du 24 mars 1917 où l'Empereur annonçait que « si l'Allemagne refusait d'entrer dans la voie de la raison, il se verrait contraint d'abandonner son alliance pour faire une paix séparée avec l'Entente ». Cette déclaration met l'Empereur Charles dans une position intenable face à son allié allemand qui l'accuse de trahison, alors que Charles avait pris la précaution d'informer l'empereur Guillaume II qu'il avait engagé des pourparlers de paix, sans toutefois en révéler le contenu exact. L'état-major allemand met en place un plan d'invasion de l'Autriche et d'internement de son souverain. Il ne peut toutefois le mettre à exécution.

Ayant à faire face au problème des nationalités et en réponse aux propositions du président Américain Wilson, notamment au quatorzième point sur le « Droit des Peuples à disposer d'eux-mêmes », Charles propose, en octobre 1918, la fédéralisation de l'Empire. La résistance du gouvernement hongrois, présidé par le comte Istvan Tisza, à toute modification constitutionnelle du compromis imposée par la fédéralisation ne permet pas de réaliser ce programme en temps utile. Dans la proclamation « À mes peuples » en octobre 1918, Charles l'impose, la Hongrie proclame ipso facto la fin de l'Autriche-Hongrie, en faisant sécession.

Le 12 novembre 1918, la République est proclamée en Autriche après que Charles a accepté de soumettre au vote du Parlement autrichien la forme de l'État, sous la pression (et l’assurance) des Chrétiens-sociaux qu'ils voteraient en faveur de la Monarchie. Ils votèrent contre, de sorte que c'est bien une majorité des représentants du peuple autrichien qui, ce jour-là, permit l'instauration de la République. Les royaumes et principautés slaves ont proclamé dès la fin octobre leur indépendance.
L'Empereur Charles refuse d'abdiquer. Il se contente de signer un retrait momentané des affaires publiques le 12 novembre 1918, trois jours après l'empereur Allemand Guillaume II qui a trouvé refuge aux Pays-Bas.
Charles Ier au côté de son épouse la princesse Zita


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Cordialement,

David
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