La conscription de masse

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La conscription de masse

Message  David.H le Jeu 13 Mar - 23:51

Bonjour,

La conscription de masse date de la révolution française. Les cantons français devaient alors fournir 30 à 35% de conscrits célibataires ou veufs sans enfant. Ces soldats étaient désignés par tirage au sort... les plus riches pouvaient négocier une somme pour trouver un remplaçant. Ce système de tirage au sort perdura jusqu'en 1872. Suite à la guerre de 1870 l'on pris l'exemple de l'ennemi, la Prusse, et l'on généralisa alors la conscription.



http://archives.aisne.fr/

Depuis les armées du Moyen-Âge, les milices populaires côtoient l’armée de métier. Le décret du 23 août 1793 commandant la levée en masse des citoyens de la République inscrit la conscription de masse dans le marbre républicain en affirmant que « tous les français sont en réquisition permanente ».

La loi Jourdan, du 19 fructidor an VI (15 septembre 1798) codifie et organise le service militaire. Elle met en place la conscription pour tous les citoyens célibataires ou veufs sans enfants âgés de 20 à 25 ans, par ordre de classe. Ces conscrits sont recensés dans les communes et par cantons, puis reportés sur la liste départementale de conscription. Elle est complétée, le 8 nivôse an XIII (29 décembre 1804), par un décret impérial qui introduit le conseil de révision et redéfinit le système du tirage au sort. Le décret introduit l’inscription du numéro et la description sommaire du conscrit sur la liste de recensement.

A la chute de l’Empire, la conscription est d’abord abandonnée. Cependant Louis XVIII est rapidement contraint de faire marche arrière afin de pouvoir disposer d’une armée suffisamment nombreuse pour répondre aux défis de son temps. En 1818, il demande à Gouvion-Saint-Cyr de porter une loi mettant en place un service militaire de 7 ans, pour les appelés désignés au tirage au sort. Le remplacement onéreux est rendu possible. Les riches s’affranchissent du service militaire. La troupe, composée en majorité d’ouvriers et de paysans, forme un ensemble robuste, résistant et assez soumis.

Les guerres du Second-Empire mettent en lumière les failles de ce système. Alors que Napoléon III remporte la victoire de Solferino, la Prusse menace la frontière du Nord-Est. L’Empire ne dispose alors d’aucune troupe de réserve à opposer à une éventuelle invasion. La Prusse, elle, pratique la conscription de masse et dispose d’une vaste réserve, la « Landswehr », qui contribue largement à la victoire de Sadowa en 1866. Napoleon III convaincu depuis longtemps de l’utilité d’une conscription généralisée essaie alors de l’imposer par la loi Niel. Malheureusement celle-ci se heurte à une opposition généralisée. L’échec de la loi Niel pèse lourdement dans la défaite de 1870. Retenant la leçon, le gouvernement français décide de généraliser le service militaire par la loi Cissey en 1872.

Cette loi prescrit le recensement de chaque homme de vingt ans dans sa mairie de résidence, son passage au conseil de révision au chef-lieu de canton, puis son immatriculation relevée au registre des matricules du bureau centralisateur. Ce système perdure jusqu’en 1940.

Les Archives départementales de L’Aisne sont en possession des listes du contingent pour la période 1867-1871, soit 15 registres et 5 tables. Ces listes sont réunies dans les trois bureaux recenseurs de Laon, Soissons et Saint-Quentin. Sur chaque page, on retrouve des informations d’état civil, une description physique, quelques informations médicales et les états de services de plusieurs conscrits. Ces cases, encore assez peu développées se posent en ancêtre de la fiche matricule. Pour plus de simplicité, nous avons conservé l’appellation « registre matricule » pour les liste du contingent des années 1867 à 1871.

L’immatriculation apparait dans l’Aisne en 1872. Elle est mise en œuvre dans les bureaux de Laon, Soissons et Saint-Quentin. Elle est en usage jusqu’en 1940.

Les Archives départementales de l’Aisne mettent les registres matricules numérisés à disposition des lecteurs en salle de lecture jusqu’en 1921 pour les registres, conformément à la dérogation générale de consultation accordée par l’Arrêté du 20 décembre 2012 instituant une dérogation générale pour la consultation des registres matricules du recrutement militaire de la Première Guerre mondiale… et les tables jusqu’en 1930.

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Cordialement,

David
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